En 2025, l’absentéisme repart à la hausse, porté par les arrêts de longue durée

Auteur·e : Maria Evdokia Liakopoulou

Les enseignements tirés de la 5ème édition de l’Observatoire des arrêts de travail[1], publiée par le Groupe APICIL en septembre 2026, se montrent moins encourageants : le taux d’absentéisme en 2025 enregistre une hausse de 0,27 point par rapport à 2024, pour atteindre 4,68 %. Il dépasse ainsi le niveau de 2022, qui s’élevait à 4,61 %. La proportion de salariés ayant bénéficié d’au moins un arrêt de travail au cours de l’année progresse également de 0,70 point, pour s’établir à 27,68 %. Cette évolution s’accompagne pourtant d’une légère diminution de la durée moyenne des arrêts, qui passe de 19,85 jours en 2024 à 19,45 jours en 2025. Pour les auteurs, l’augmentation du taux d’absentéisme résulte principalement de la progression des arrêts de plus de 90 jours.

  • La fréquence des arrêts progresse particulièrement chez les jeunes salariés

En 2025, la proportion de salariés ayant bénéficié d’au moins un arrêt de travail atteint son niveau le plus élevé parmi les 30-39 ans, soit 31,17 %. À l’inverse, les salariés de plus de 60 ans demeurent les moins fréquemment concernés, seuls 19,11 % d’entre eux ayant connu au moins un arrêt au cours de l’année.

Les tranches d’âge les plus jeunes enregistrent également les augmentations les plus importantes concernant les évolutions d’une année sur l’autre : +1,21 point pour les salariés de moins de 30 ans et +1,13 point pour ceux âgés de 30 à 39 ans. Les auteurs invitent toutefois à ne pas conclure à une particularité propre aux jeunes salariés, « leur situation restant proche de celle des autres classes d’âge, à l’exception des plus de 60 ans ».

L’âge influe, en revanche, sur la durée et le poids des absences. Les salariés les plus âgés connaissent des arrêts généralement plus longs, en lien notamment avec la survenue de pathologies graves ou chroniques et avec l’usure professionnelle. Pourtant, les problématiques de santé au travail affectent désormais fortement les jeunes : parmi les arrêts de travail qui les concernent, plus de 40 % sont liés à des troubles psychologiques ou psychiques. Selon l’étude, ce constat rappelle la nécessité d’intégrer pleinement la santé mentale dans les politiques de prévention.

  • Le micro-absentéisme poursuit sa progression

Les auteurs alertent de nouveau sur l’augmentation des absences de moins de trois jours, autrement dit du micro-absentéisme. Leur part dans l’ensemble des arrêts passe de 21,92 % en 2024 à 23,55 % en 2025, soit une hausse de 1,63 point. Désormais, près d’un arrêt de travail sur quatre relève du micro-absentéisme. Depuis 2022, cette proportion a augmenté de plus de 70 %.

Cette évolution contribue notamment à l’augmentation du nombre moyen d’arrêts par salarié absent, qui passe de 1,83 à 1,90 en un an. Elle ne se traduit pourtant pas par un allongement de la durée moyenne des arrêts, celle-ci diminuant de 0,40 jour en 2025.

Parallèlement, les arrêts longs continuent de peser fortement sur le taux d’absentéisme. Les arrêts de plus de 90 jours représentent, à eux seuls, plus de la moitié de ce taux, tandis que ceux de plus de 30 jours en représentent près des trois quarts. Selon les auteurs, c’est cette augmentation de la part des arrêts de plus de 90 jours qui explique la hausse du taux d’absentéisme constatée en 2025. Les arrêts courts affectent, quant à eux, plus directement l’organisation du travail et la charge supportée par les salariés présents.

  • Les maladies professionnelles restent à l’origine des arrêts les plus longs

La maladie demeure de très loin le premier motif d’arrêt de travail. En 2025, elle concerne 90,03 % des arrêts, soit une diminution de 0,92 point par rapport à 2024. La durée moyenne de ces arrêts s’établit à 17,16 jours, en baisse de 0,40 jour sur un an.

Les temps partiels thérapeutiques connaissent, en revanche, une forte progression. Leur part passe de 3,46 % à 4,57 %, soit une augmentation de plus de 32 %. Ils deviennent ainsi le deuxième motif d’arrêt de travail, devant les accidents du travail, qui représentent 4,41 % des arrêts. Leur durée moyenne diminue néanmoins sensiblement, passant de 44,15 jours en 2024 à 35,99 jours en 2025. Pour les auteurs, cette progression peut notamment s’expliquer par le renforcement des dispositifs de prévention de la désinsertion professionnelle et par un recours facilité au retour progressif au travail.

Les maladies professionnelles restent le motif engendrant les arrêts les plus longs, avec une durée moyenne de 115,67 jours. Elles sont suivies par les accidents du travail, dont la durée moyenne atteint 43,12 jours.

Les données de la cellule médicale du Groupe APICIL permettent également de mieux identifier les pathologies à l’origine des absences de longue durée. Parmi les 7 791 arrêts de plus de 30 jours examinés en 2025, les troubles psychiques représentent 42,75 % des arrêts et les troubles musculo-squelettiques 30,54 %. Ces deux catégories concentrent ainsi, à elles seules, plus de 73 % des arrêts longs. La progression des troubles psychiques, dont la part augmente de 2,92 points en un an, renforce la nécessité de cibler les actions de prévention sur la santé mentale et les conditions de travail.

Vous trouverez, ci-après, l’intégralité de la 5ème édition de l’Observatoire des arrêts de travail, publiée par le Groupe APICIL en septembre 2026.

 

 


[1] Réalisé à partir des données de plus de 55 000 entreprises clientes du Groupe APICIL, représentant plus d’un million de salariés du secteur privé sur l’ensemble du territoire français. Les données, collectées au moyen de la Déclaration sociale nominative, portent sur les années 2022, 2023, 2024 et 2025. Elles sont complétées par les données agrégées et anonymisées de la cellule médicale du Groupe APICIL concernant les arrêts de plus de 30 jours.

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