Promouvoir l’inclusion : un enjeu central pour l’entreprise

Auteur·e : Maria Evdokia Liakopoulou

Aujourd’hui, 64 % des Français estiment que la société française est inclusive, un niveau en forte progression (+6 points par rapport à 2025). C’est ce que révèle le Baromètre « Les Français et l’inclusion » - Vague 6, réalisé par OpinionWay pour le compte d’Apicil et publié le 25 mars 2026[1]. Cette amélioration s’accompagne d’un engagement croissant, une majorité déclarant se sentir concernée (59 %) et agir au quotidien contre les discriminations (66 %). Pour autant, ces avancées coexistent avec un constat largement partagé : 97 % des répondants constatent l’existence de discriminations, souvent multiples et persistantes. Dans ce contexte contrasté, quel rôle l’entreprise peut-elle jouer pour renforcer concrètement l’inclusion ?

  • L’entreprise face au défi de l’inclusion : entre engagement perçu et attentes renforcées des salariés

Un rôle croissant de l’entreprise comme acteur de l’inclusion est mis en lumière. 89% des français appuient ce constat, tout en jugeant les efforts encore insuffisants. Au contraire, un regard plus positif est apporté par les salariés : 69 % estiment que leur entreprise est engagée dans une politique d’inclusion et 75 % considèrent qu’elle favorise concrètement l’inclusion. Cette perception est encore plus marquée chez les plus jeunes (78 %), qui apparaissent à la fois plus sensibles et plus réceptifs aux initiatives mises en place. 

Au-delà de ces perceptions, l’inclusion semble peser concrètement dans les choix professionnels des actifs : 58 % d’entre eux déclarent qu’il s’agit d’un élément important au moment de postuler, une proportion qui atteint 74 % chez les moins de 35 ans. 

Dans ce contexte, les salariés sondés expriment des attentes claires. 72% d’entre eux aspirent des actions concrètes par les entreprises en matière d’embauche et de maintien dans l’emploi, qu’il s’agisse de dispositifs en faveur des seniors (22 %), de l’anonymisation des CV (21 %) ou encore de l’accompagnement des personnes en situation de handicap (20%). Les actions de sensibilisation constituent également un levier important pour 52 % des sondés. Enfin, certaines attentes apparaissent différenciées selon les profils : les femmes se montrent plus attentives aux questions de santé et de conditions de travail que les hommes (24% contre 15% des hommes), tandis que les moins de 35 ans accordent davantage d’importance à la mise en place de quotas à l’embauche (11%) mais aussi aux actions visant à préserver la santé mentale et/ou physique des salariés (25%).

  • L’inclusion à l’épreuve des enjeux de santé au travail

Les dynamiques positives décrites auparavant, se heurtent à des limites importantes, notamment sur les enjeux de santé, qui restent encore insuffisamment intégrés aux politiques d’inclusion en entreprise. Qu’il s’agisse des addictions, de la santé mentale, des maladies chroniques, de troubles musculosquelettiques de thématiques liées aux cycles de vie ou encore des problématiques de santé spécifiquement féminines, une majorité des salariés souligne la difficulté à en parler ouvertement dans le milieu de l’entreprise. Dans le même temps, la parole reste plus aisée sur la santé physique que sur la santé mentale, avec seulement 48 % des salariés se sentant capables d’aborder ces sujets avec leur manager. Une part importante des salariés déclare par ailleurs avoir été témoin (40 %) ou victime (34 %) de discriminations liées à la santé, confirmant un décalage persistant entre les besoins et la réalité vécue.

Or, seuls 36 % des salariés estiment que des actions concrètes en faveur du bien-être sont mises en place par leur entreprise, 34% concernant de la santé et à peine 28 % concernant la santé mentale.

Cela étant, plusieurs attentes et leviers d’action sont identifiés par l’enquête. Pour 89 % des Français, la santé doit être davantage intégrée aux décisions de l’entreprise en raison de son impact sur la performance (91 %). Les principaux leviers identifiés sont L’assouplissement de l’organisation du travail (28 %), une meilleure communication sur les dispositifs existants (21 %) et le développement d’une culture managériale attentive à la santé (20 %) constituent les principaux leviers identifiés. Ces aspirations varient selon les profils, les femmes privilégiant davantage la flexibilité organisationnelle (30 %) et les hommes les actions de prévention ciblées (23 %). C’est aussi la taille des entreprises qui influe également sur ces attentes, avec les salariés de 250 salariés et plus davantage concernés par une culture managériale attentive à la santé (26%). 

Vous trouverez, ci-après, l’intégralité du Baromètre. 

 


[1] Sur la base d’un questionnaire auto-administré en ligne du 18 au 20 février 2026, auprès de 1 004 Français âgés de 18 ans et plus. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence. 

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