Quel est l’état de la santé mentale des salariés français en 2026?

Le Baromètre Santé mentale et Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT) 2026, réalisé par Qualisocial en partenariat avec Ipsos, dresse un état des lieux approfondi de la santé mentale des travailleurs en France et de ses liens avec l'environnement professionnel.

Les résultats dévoilés le 15 janvier 2026, mettent en évidence une évolution globalement positive par rapport aux années précédentes, tout en soulignant la persistance de fragilités structurelles et d’inégalités selon les profils et les secteurs d’activité. Ainsi, 22%  actifs, soit près de six millions de personnes, déclarent être en situation de mauvaise santé mentale en 2026. Ce chiffre marque une baisse de trois points par rapport à 2025, constituant ainsi « une bonne nouvelle », selon les auteurs. Toutefois, la dynamique reste encore fragile : « l’enjeu est désormais de retrouver un niveau comparable à celui d’avant la crise sanitaire, estimé entre 16 % et 18 % de travailleurs concernés ».

  • L’écart entre santé mentale des femmes et des hommes tend à se réduire 

Si les femmes continuent de présenter un niveau de santé mentale inférieur à celui des hommes (respectivement 74% contre 80%), la progression plus marquée chez les salariées en 2026 (+5 points par rapport à 2025pour les femmes, contre +2 points pour les hommes) minimise leur écart. 

  • Des signes d’amélioration sensibles pour l’administration publique, l’hébergement-restauration et le secteur presse-communication-médias

Le Baromètre révèle aussi des différences sectorielles importantes. L’état de santé mentale dans certains secteurs enregistre une amélioration significative : sont ainsi visés les secteurs de l’administration publique, l’hébergement-restauration et de presse-communication-médias. A contrario, d’autres secteurs restent confrontés à des niveaux de fragilité plus élevés : sont ainsi visés le secteur de l’industrie et des transports-logistique qui connaissent un recul important, et le secteur médico-social qui « reste à un niveau alertant ».  

  • Évolutions des représentations et des discours : quels sont les déterminants ? 

La désignation par le gouvernement de la santé mentale comme Grande Cause Nationale semble avoir contribué à des évolutions positives en la matière. Plus de la moitié des travailleurs (56%) déclarent avoir connaissance de cette initiative, reconduite en 2026 et une large majorité d’entre eux estime que le sujet est désormais moins tabou (71%) et plus facilement abordable en milieu professionnel (61%).

De l’autre côté, les causes de la dégradation de la santé mentale évoluent en 2026. Bien que les facteurs professionnels soient toujours présents (cités par 21% des répondants), ils semblent impacter moins la santé mentale que les facteurs personnels ou sociaux. Ainsi, 38% des répondants attribuent leurs difficultés à des facteurs individuels, tels que la gestion émotionnelle ou l’estime de soi et 32% au contexte national, signe que la santé mentale est intrinsèquement liée à la sphère macrosociale dans laquelle évoluent les individus.

  • Santé mentale - facteur stratégique de performance organisationnelle

Selon le Baromètre, les salariés en très mauvaise santé mentale présentent des niveaux d’engagement significativement plus faibles, ainsi qu’une moindre propension à recommander leur employeur. Un élément attire pourtant davantage l’attention des auteurs : la dissociation entre l’implication au travail et santé mentale dégradée, qui peut traduire « un risque accru d’épuisement professionnel, susceptible d’entraîner une hausse des arrêts de travail de longue durée pour motif psychique en 2026 ». 

  • Le rôle central de la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) confirmé 

Les salariés sondés identifient l’amélioration des conditions de travail, de la santé et la sécurité au travail (25%), la qualité des relations et de l’ambiance au travail (24%) et l’organisation du travail (17%) comme des facteurs déterminants de leur équilibre psychologique. Par ailleurs, le Baromètre montre qu’une amélioration des scores de la QVCT de (+10 points) se traduit par une progression de (+4 points) des indicateurs de santé mentale et de (+7 points performance durable). En parallèle, elle suscite une diminution de l’absentéisme (-1,2 points) et du turnover (3,4 points). Ce qui appuie les recommandations des auteurs pour l’adoption d’une approche « complète et itérative », intégrant à la fois l’organisation du travail, le management et la prévention des risques psychosociaux.

Vous trouverez, ci-après, l’intégralité du Baromètre. 

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