La semaine dernière, deux journaux nationaux, en l'occurrence Les Échos du 19 septembre et Le Monde du 22 septembre, ont fait état d'un bilan de l'entrée en vigueur du dispositif de contrat de génération qui serait "mitigé". En effet, à la date du 13 septembre, "seulement" 10 654 jeunes auraient été embauchés via ce dispositif dont la quasi-totalité l'aurait été dans les entreprises de moins de 50 salariés. En revanche, aucun chiffre n'est avancé concernant le recrutement et le maintien dans l'emploi des seniors.
Le ministère du travail a réagi à ces informations d'une part en indiquant qu'à ce stade, "il n’est pas encore possible d’avoir une vue d’ensemble de tous les résultats" et d'autre part en précisant plusieurs choses :
- le contrat de génération n’est pas un dispositif d’emploi aidé, à la différence des contrats uniques d’insertion ou des emplois d’avenir. Le décompte au jour le jour des aides accordées, qui ne correspondent qu’à une composante parmi d’autres d’un dispositif qui est avant tout qualitatif, n’a pas de sens au regard des modalités d’intégration des jeunes dans l’entreprise en CDI, la transmission des compétences, le maintien en emploi des seniors.
- comme tout dispositif nouveau, le contrat de génération connaît une montée en puissance progressive. L’exemple des emplois d’avenir devrait à cet égard inciter chacun à la prudence du commentaire : leur prétendu échec, prédit pendant des mois au printemps, a laissé la place à une forte montée en charge, conforme aux objectifs ambitieux qui étaient fixés.
- le contrat de génération, dispositif innovant mêlant emploi des jeunes et des seniors, repose dans les entreprises de plus de 50 salariés sur une phase préalable de négociation collective dans les branches et dans les entreprises qui nécessairement demande plus de temps.
- au 13 septembre, plus de 10 000 demandes d’aides (10 624) ont d’ores et déjà enregistrées (soit plus de 20 000 emplois, jeunes et seniors), témoignant d’une montée en charge normale dans les entreprises de moins de 50 salariés, qui sont les seules à pouvoir accéder directement à l’aide sans passer par une négociation préalable. Les entreprises de 50 à 300 salariés accèderont plus largement à l’aide lorsqu’elles seront davantage couvertes par des accords de branche. Des premiers accords de branche ont été conclus ou sont en voie de l’être, une vingtaine sont en négociation : ce mouvement doit et va s’accélérer.
- le succès du contrat de génération dépendra non seulement du nombre d’aides accordées, mais aussi de la dynamique engagée dans les entreprises de plus de 300 salariés souscrivant des engagements en termes d’emplois des jeunes et des seniors. L’échéance du 30 septembre, qui sera interprétée souplement pour les entreprises en voie de conclure une négociation, permettra d’en faire un premier bilan au mois d’octobre. Les premiers accords conclus, qui portent sur des milliers de recrutements, laissent augurer d’engagements importants pour l’emploi des jeunes et des seniors dans les trois prochaines années.
Source : Ministère du travail