Effectuée dans un contexte marqué par les ordonnances travail de 2017 conduisant à une transformation des instances représentatives élues du personnel, la crise sanitaire et les mobilisations interprofessionnelles sur les retraites, une étude de la Dares[1] publiée le 6 janvier 2026 entend analyser la façon dont les représentants du personnel et les syndicats sont perçus par les salariés du secteur privé.
Les représentants du personnel gagnent en légitimité
L’étude révèle une amélioration du regard des salariés sur leurs représentants entre 2017 et 2023. Ainsi, en 2023, 51 % des salariés estiment que les représentants du personnel traduisent bien leurs aspirations, soit une hausse de 5 points par rapport à 2017. Parallèlement, la légitimité des syndicats se renforce : davantage de salariés reconnaissent leur rôle irremplaçable, tandis que les opinions critiques reculent.
La Dares met en évidence également une perception plus favorable de l’efficacité des représentants du personnel, dont l’influence sur les décisions de la direction est davantage reconnue (29 % des salariés en 2023 contre 24% en 2017).
Ces évolutions témoignent d’une confiance croissante, même si une part importante de salariés reste sans avis en la matière, notamment dans les établissements dépourvus de représentants du personnel.
Taille de l’établissement et présence des instances : facteurs clés de la perception des salariés
L’étude révèle que la présence des représentants du personnel dans des établissements, qu’il s’agisse de délégués syndicaux (DS) ou d’instances élues sans DS, amplifie cette perception positive. Ainsi, près de 6 salariés sur 10 dans ces établissements estiment que leurs aspirations sont correctement traduites, contre seulement 23 % dans les structures sans représentation. Les salariés investis d’un mandat de représentation jugent encore plus favorablement l’action syndicale.
Par ailleurs, les résultats montrent que la taille de l’établissement joue un rôle essentiel : plus celle-ci est importante, plus les syndicats sont perçus comme indispensables, et inversement, moins elle est importante, plus les salariés affirment être en capacité de défendre directement leurs intérêts.
Enfin, si les différences d’appréciations selon les profils socio-démographiques restent limitées, quelques nuances apparaissent : les salariés les plus jeunes (30 ans ou moins) se montrent plus sceptiques à l’égard des syndicats et privilégient l’autonomie individuelle, tandis que les cadres combinent une perception globalement plus positive des représentants du personnel avec une plus grande confiance dans leur propre capacité de défense et une vision plus critique sur le comportement des syndicats.
Les représentants de la direction plus prudents envers le rôle des syndicats
Les représentants de la direction confirment cette évaluation positive du rôle des représentants du personnel, mais avancent une opinion plus nuancée pour celui des syndicats. Ainsi, dans la majorité des établissements (79%), les représentants de la direction estiment que les représentants du personnel traduisent bien les aspirations des salariés et que ceux derniers sont capables de défendre leurs intérêts (88%). Au contraire, seulement 42 % jugent les syndicats irremplaçables, et 48% considèrent que ceux-ci privilégient parfois leurs propres directives plutôt que les intérêts des salariés.
Vous trouverez, ci-après, l’intégralité de : Dares Focus no 1, Comment sont perçus les représentants du personnel et les syndicats dans le secteur privé ? , 6 janvier 2026.
[1] L’étude mobilise principalement les données du volet « salariés » des enquêtes Reponse 2023 et 2017.