Air France met en place des groupes pluridisciplinaires afin d’échanger sur les sujets impactant la QVCT

Auteur·e : Maria Evdokia Liakopoulou

 

Souhaitant offrir aux salariés « un environnement de travail, équilibré et préventif en matière de santé physique et mentale, pierre angulaire à l’épanouissement personnel et collectif », les partenaires sociaux d’Air France adoptent un accord triennal spécifiquement axé sur la santé et la qualité de vie au travail. Conclu le 9 avril 2025 par la direction et l’ensemble des organisations syndicales CFDT, CFE-CGC, CGT, FO et Unsa, ledit accord dédié au personnel du sol entend « renforcer la culture de prévention et de santé et d’offrir une ‘‘boite à outils’’ pour aider les salariés dans leur quotidien ».

Vous trouverez, ci-dessous, un tableau synthétisant les principales mesures de l’accord :

Santé au travail
  • Actions de prévention 

-Accès à des consultations spécialisées au sein des services de prévention et de santé au travail autonomes de l’entreprise, ou dans des locaux adaptés de l’entreprise : dermatologie, ORL, ophtalmologie et cardiologie dès 2025, et rhumatologie. Durant la durée de l’accord, une cinquantaine de vacations de médecins spécialistes sera proposée chaque année (dont une vingtaine en Province et dans les DOM) soit 150 vacations au total, en complément de celles déjà financées et prévues (fonds d’action sociale, etc.). D’autres spécialités pourront être envisagées à l’initiative de la médecine du travail et/ou sur proposition du comité de suivi, après validation de la direction ;

-Poursuite des investissements en matériel de dépistage adapté pour les services de santé au travail (tonomètre pour le dépistage du glaucome, dermatoscope numérique pour le dépistage du mélanome, somnographe pour le dépistage de l’apnée du sommeil, électrocardiographe numérique pour le dépistage des pathologies cardiaques, etc.) ;

-Actions de prévention de la désinsertion professionnelle pour les salariés atteints de maladies graves : incitation à la réalisation du rendez-vous de liaison à partir d’un mois d’absence ; sensibilisation les acteurs de l’entreprise (RH, manager, élus) sur les effets de certaines pathologies graves et le comportement à adopter au travers notamment de conférences, e-learning, podcast, et autres ; 

-Campagnes d’information et forums itinérants organisés par les infirmiers sur les thèmes de la santé cardio-vasculaire, la santé du sommeil, la santé des femmes, la prévention des addictions, la promotion des campagnes nationales de dépistage des cancers, la vaccination et ses avantages ;

-Renforcement de la prévention des risques professionnels : poursuite et extension des 4 expérimentations, à savoir application digitale de prévention et de rééducation afin de prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS), tests d’exosquelette au sein de la direction générale industrielle, semelles de confort postural et dotation de bouchons thermomoulés pour les salariés exposés au bruit ;

-Lancement d’une réflexion avec l’aide de médecins spécialistes et d’associations concernant la situation des femmes souffrant de douleurs menstruelles.

  • Prévention des RPS

-Actions de prévention primaire des risques psychosociaux : repenser un module de formation en présentiel sur la détection et la prévention des RPS pour les managers et deux représentants par organisation syndicale représentative signataire de l’accord ; réaliser un e-learning généraliste à destination des RH/managers ; poursuivre des formations relatives à la prévention des conduites suicidaires ;

-Actions de prévention secondaire : rappel de la création, par médecine du travail d’un Observatoire des RPS, avec chaque mois, la sollicitation par mail d’un échantillon représentatif de 1000 salariés pour répondre à un questionnaire visant notamment à évaluer leur niveau de stress, d'anxiété, de dépression et la qualité de vie perçue au global entreprise ; amélioration de l’accessibilité auprès des utilisateurs sur la chaine spécifique développée par l’entreprise « Qualité de Vie et des Conditions de Travail » ;

-Actions de prévention tertiaire : rappel de plusieurs actions déjà mises en place, par ex. la présence en interne de psychiatres ; la mise en place d’une ligne d’écoute psychologique et de soutien à destination des salariés (7J/7 et 24h/24) ; la mise en place d’une procédure de signalement d’une situation de harcèlement et violences au travail.

  • Prévention des accidents de trajet

-Partenariats de l’entreprise : avec un équipementier spécialisé dans la protection des conducteurs de deux-roues ; avec un leader de la formation à la conduite sécurisée auto et moto. 

Organisation du travail

-Reconnaissance d’un droit à la déconnexion, et accompagnement des salariés vers un usage raisonné des outils numériques professionnels (formations, diffusion de supports, communication régulière sur les dispositifs relatifs au droit à la déconnexion ; sensibilisation à l’impact de l’utilisation des outils numériques, etc.) ;

-Organisation efficace des réunions : plusieurs recommandations sont proposées, par ex. prévoir un ordre du jour dans l’invitation, démarrer et finir la réunion à temps, fixer l’objectif de la réunion au démarrage ; distribuer les interventions d’une façon équitable, et autres ;

-Promotion des moments de dialogue et de convivialité entre manager et ses équipes ;

- Poursuite de l’Employer Promoter Score (EPS), enquête sous forme d’une question adressée chaque semaine, à un échantillon de près de 1500 salariés représentatifs de tous les métiers de la compagnie, ayant pour objectif de recueillir leur opinion sur un certain nombre de thématiques ;

-Implication des salariés autant que possible sur les projets majeurs de l’entreprise. 

Articulation vie privée/vie professionnelle 

-Autorisation d’absence d’une journée maximum accordée sans justificatif médical par période de 12 mois pour soigner un enfant malade de moins de 16 an, sur laquelle s’ajoute une deuxième journée sous les mêmes modalités et conditions ;

-Dispositif de don de jours pour les salariés aidants de 30 jours par an maximum pour un même proche aidé, et de 15 jours maximum dans des autres cas : salariés ne pouvant justifier de la qualité d’aidant et victimes de violences conjugales. L’entreprise abonde à hauteur de 90 jours par an, soit 270 jours sur la durée du présent accord ;

-Nomination de référents deuil parmi les assistants sociaux, qui seront formés spécifiquement à l’accompagnement des salariés endeuillés ; formation e-learning à l’attention des managers sur ce sujet ; octroi de 5 jours aux salariés en cas de décès de leur concubin déclaré et de 3 jours en cas de décès des parents de leur concubin ou partenaire de PACS ; 

-Maintien des dispositifs internes pour soutenir les salariés en difficulté financière : aides financières accordées via la commission locale de secours et via la commission centrale de secours ; prêts sociaux.

Dialogue en matière de QVCT

-Groupes pluridisciplinaires d’établissement (GPE) : Mise en place et organisation annuelle des GPE, afin d’échanger et de définir des actions à mettre en œuvre en matière de QVCT, les évaluer et les corriger. Ces GPE sont composés : des cadres des principales directions de l’établissement, d’un RRH/DRH, de médecins du travail du périmètre, d’un infirmier des services de prévention et de santé au travail, de l’assistant social de l’établissement, du responsable sécurité au travail selon les sujets traités, d’un représentant d’une commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) d’établissement, d’un représentant par organisation syndicale signataire de l’accord, et de toute personne de la direction susceptible d’apporter son expertise selon l’ordre du jour ;

- Groupes pluridisciplinaires locaux (GPL) : leur mission sera de recueillir des informations importantes concernant des sujets QVCT au niveau local et le cas échéant proposer des actions. Ils seront composés : de toute personne susceptible d'apporter son expertise en fonction de l'ordre du jour sous réserve de validation par la direction (infirmier, assistant social, RH, médecin du travail...), d'un représentant d'une CSSCT d'établissement, et d'un représentant par organisation syndicale signataire de l'accord.

Afin de favoriser la préparation de ces différents groupes, un quota mensuel de 20 heures de délégation sera accordé pendant la durée de l'accord à chaque organisation syndicale représentative signataire du présent accord qui aura pour mission de les répartir à leurs représentants au sein des différents établissements.

 

Vous trouverez, ci-après, l’intégralité de l’accord.

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