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Les jeunes des quartiers prioritaires accèdent-ils davantage aux contrats aidés et à l’alternance ? Etude de la DARES

> article du 07-03-2019

En décembre 2018, la DARES (Direction de l’animation et de la recherche scientifique), a publié une analyse relative à l’accès des jeunes des quartiers prioritaires aux contrats aidés et à l’alternance.

Dans cette étude, la DARES part du constat selon lequel « les quartiers prioritaires de la politique de la ville se caractérisent par un taux de chômage. Ainsi, en 2016, 53 % des jeunes âgés de 16 à 24 ans résidant en QPV sont scolarisés et 16 % sont au chômage.

L’accès au marché du travail est une préoccupation majeure : souvent situés à l’écart des centres d’activité, ils subissent en plus une discrimination à l’embauche ».

Aussi la DARES fournit des études quantitatives et des explications qualitatives permettant trouver des éléments de réponse aux problématiques suivantes :

  • « Qui sont les jeunes bénéficiaires des contrats aidés ?

  • Existe-t-il une spécificité des jeunes des quartiers prioritaires en insertion ?

  • Sont-ils privilégiés dans l’accès à ces emplois aidés ?

  • Peut-on établir un lien entre l’obtention d’un contrat aidé et le lieu de résidence ? »

La DARES précise que son étude prend en compte uniquement les contrats aidés (CUI, CAE, Starter…), les contrats d’apprentissage et de professionnalisation.

Elle précise la nature de ces contrats :

 Les CUI décline en 3 versions :

  • Le contrat initiative emploi (CUI-CIE) dans le secteur marchand

  • Le contrat d’accompagnement dans l’emploi (CUI-CAE) dans le secteur non marchand

  • Le CIE-starter dans le secteur marchand qui vise à faciliter l’accès durable à l’emploi des jeunes de moins de 30 ans résidant dans un quartier prioritaire.

L’emploi d’avenir :

Il a été créé pour proposer des solutions d’emploi et de qualification:  

  • Aux jeunes de 16 à 25 ans sans emploi peu ou pas qualifiés (titulaires d’un diplôme de niveau V (BEP ou CAP) et ont recherché un emploi pendant 6 mois au minimum au cours des 12 derniers mois)

  • Aux personnes bénéficiant de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) de moins de 30 ans :

Les jeunes résidant en quartier prioritaire constituent une cible particulièrement importante pour bénéficier du dispositif des emplois d’avenir. L’objectif pour 2016 était que 20 % des embauches en emploi d’avenir bénéficient à des jeunes résidant en quartiers prioritaires.

Les données principales de cette étude peuvent se résumer comme suit :

« Des taux d’accès aux contrats aidés du secteur non marchand plus élevés

Dans le secteur non marchand où les enveloppes sont importantes, il est plus facile pour les jeunes en insertion d’accéder à un emploi d’avenir qu’à un contrat unique d’insertion.

Ainsi, la probabilité d’entrer en contrat d’alternance est, en 2016, inférieure à la probabilité d’accès à un contrat aidé non marchand mais supérieure à celle d’un contrat aidé marchand.

Un accès plus faible des jeunes les moins diplômés

  • Les jeunes entrant effectivement en contrat aidé et en contrat d’alternance sont en moyenne plus âgés que les bénéficiaires potentiels.

  • Les jeunes femmes sont surreprésentées dans les contrats aidés du secteur non marchand

  • Les jeunes en contrat aidé sont un peu plus diplômés (un niveau inférieur au CAP-BEP).

Un taux d’accès moindre des jeunes des quartiers prioritaires à l’alternance et aux contrats aidés non ciblés sur les quartiers

  • La part des jeunes des quartiers prioritaires parmi les entrants en contrat aidé ou en contrat d’alternance a très nettement augmenté.

  • Quel que soit le secteur, les jeunes des quartiers prioritaires ont plus de chances d’accéder à un contrat aidé.

  • Ces écarts sont largement dus aux emplois d’avenir dans le secteur non marchand et aux CIE-starter dans le secteur marchand, c’est-à-dire précisément aux dispositifs prévoyant un ciblage sur les quartiers.

  • En revanche, pour les jeunes des quartiers prioritaires, les taux d’accès à un contrat d’alternance ont toujours été inférieurs à ceux des autres jeunes.

Les diplômés de CAP-BEP accèdent davantage aux contrats aidés

  • Les jeunes des quartiers prioritaires ont des caractéristiques sociodémographiques qui pourraient expliquer ce moindre accès aux contrats aidés et à l’alternance, sauf contrat aidé spécifiquement ciblé. Ils sont en particulier moins diplômés et plus souvent de nationalité étrangère, caractéristiques négatives sur l’accès à l’emploi.

  • Au sein des contrats aidés, les jeunes diplômés d’un CAP ou d’un BEP ont plus de chances d’accéder à un contrat aidé que les autres jeunes. Les personnes sans emploi depuis 6 à 23 mois ont plus de chances que les autres de bénéficier d’un contrat aidé.

  • Ainsi, aussi bien dans le secteur marchand que non marchand, ce sont les jeunes dans une situation intermédiaire en termes d’éloignement de l’emploi qui accèdent le plus aux contrats aidés. Cela est sans doute le résultat de deux dynamiques opposées : les jeunes les moins éloignés trouvent plus facilement des employeurs, mais l’aide est accordée davantage aux jeunes les plus en difficulté.

  • Les femmes accèdent davantage aux contrats du secteur non marchand, tandis que les hommes accèdent davantage aux contrats du secteur marchand, ce qui est sans doute lié aux métiers exercés dans ces secteurs. Les métiers du secteur non marchand sont en effet plus souvent exercés par des femmes. Les personnes de nationalité étrangère accèdent moins facilement aux contrats aidés que les autres.

L’alternance : des contrats plus classiques

  • L’apprentissage reste plus souvent ciblé sur les jeunes en insertion les moins diplômés.

  • Pour les contrats de professionnalisation, le constat est inverse : ce sont les plus diplômés qui y accèdent davantage.

  • Les femmes accèdent moins aux contrats d’apprentissage que les hommes.

  • Les jeunes en insertion des quartiers prioritaires accèdent moins aux contrats en alternance après une période de chômage ou d’inactivité.

  • On retrouve ici les obstacles généraux d’accès au marché du travail. Ce type de contrat ressemble davantage à un contrat classique qu’à un contrat aidé : les jeunes des quartiers prioritaires se trouvent en concurrence avec les autres jeunes de la zone d’emploi.

  • Contrairement aux contrats aidés, les aides versées aux entreprises ne ciblent pas particulièrement les jeunes des quartiers prioritaires, et ne les incitent donc pas à les embaucher ».

 

Vous trouverez ci-après l’étude de la DARES dans son intégralité.


par : Khalida BENZIDOUN




 
 
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