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Emploi des seniors : Généralités

Compte rendu du colloque organisé le 20 novembre 2008 sur le vieillissement professionnel

Colloque organisé à l'occasion de la 7ème journée de pathologies professionnelles de la Seine-saint denis sous la direction du Professeur François Guillon

> article du 27-01-2009

Le colloque a rassemblé environ 350 personnes, essentiellement des médecins du travail, des personnels des Caisses de la sécurité sociale en charge des dossiers d’invalidité, d’incapacité, des psychologues et psychiatres du travail ainsi que des représentants des organismes de prévoyance.

Le thème a été abordé de manière transversale pour mettre en relation toutes les facettes du vieillissement et tenter de mesurer le vieillissement « différentiel » provoqué par les situations de travail.


La thématique


Les gains d’espérance de vie, le prolongement de la durée d’activité professionnelle, les politiques d’emploi des seniors, interrogent les effets du vieillissement physiologique non spécifique sur nos capacités à continuer à travailler longtemps. Mais, il existe des formes de vieillissement spécifiquement professionnelles, liées non plus à l’âge, mais à l’ancienneté, qui peuvent survenir précocement et conduire à des inaptitudes. Ce sont ces formes de vieillissement spécifiquement professionnelles qui ont fait l’objet de cette journée.

Certains gestes de travail augmentent le risque, la précocité et la gravité de maladies dites dégénératives, dont la physiopathologie qui relève d’une sorte de vieillissement accéléré des structures en cause. Par exemple, le travail dans le bâtiment et les travaux publics cumule des contraintes physiques et d’ambiances difficiles.

Les conséquences multiples sur la santé générale des individus qui en résultent, peuvent être analysées comme le résultat d’un vieillissement précoce. Les contraintes temporelles dans l’organisation du travail, comme les changements d’horaires du travail posté, produisent progressivement des troubles de santé non spécifiques qui, avec l’âge, deviennent intolérables.

La démotivation ou le découragement professionnel, décrits par certains professionnels de santé, accompagnés de fatigue et d’émoussement de l’intérêt, constituent une forme de vieillissement professionnel. Le médecin traitant qui, souvent, ne dispose que d’une approche physiopathologique de la sénescence, peut avoir des difficultés à comprendre les plaintes et à apprécier les besoins des patients confrontés à ces formes de vieillissement professionnel. Or, aussi bien pour le traitement que pour le retour au travail, cette composante est fondamentale.


Le programme


Orientations nationales face aux constats de l’assurance maladie et des risques professionnels
Jacqueline GIRY
Directrice des Risques Professionnels et de la Relation Employeurs à la Caisse Primaire d'Assurance Maladie de la Seine-Saint-Denis

L’âge et les obstacles psychologiques au réinvestissement dans une reconversion professionnelle
Jean-Luc CELLIE & Daniel MAUVE
Association Nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes Ile-de-France

Les données physiques et physiopathologiques du vieillissement de l’organisme
Dr Georges SEBBANE
Service de Gériatrie, CHU René Muret

Prise en compte du vieillissement pour l'évaluation de l'incapacité de travail (AT-MP, invalidité) et la retraite pour inaptitude
Dr Béatrice RIO
Echelon Local du Service Médical de la Seine-Saint-Denis

Sollicitations mécaniques, atteintes dégénératives et vieillissement locomoteur
Dr Jean-Pascal DEVAILLY
Unité de Médecine Physique et Réadaptation, CHU Avicenne

Conditions et modalités d’accès à la retraite pour inaptitude au travail
Dominique BOMPAIS
Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse

Effets des contraintes professionnelles sur l’efficacité, la pénibilité et le Vieillissement
Pr François GUILLON
Unité de Pathologies Professionnelles et Environnementales,
CHU Avicenne

Impact des nouvelles réglementations sur les salariés en fin de carrière
Tiphaine GARAT - Francis MEYER
Institut du Travail, Université Robert Schuman de Strasbourg

Approche globale de la prévention du vieillissement professionnel
Nathalie L’HER & Sonia LEMAIRE
Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail Ile-de-France

L’épuisement psychologique et la démotivation des professionnels de santé
Dr Alexandra TRICHARD
Service de Pathologies Professionnelles et Environnementales, CHRU Lille

Suivi de santé des salariés sous l'angle du vieillissement
Dr Jean-Pierre MEYER
Département Homme au Travail, Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, Centre de Lorraine



Les points forts


1. La caisse primaire des Hauts de Seine a fait un bilan des indicateurs qui permettent de mesurer la détérioration de la situation et donc des comptes de la sécurité sociale

Le nombre d’entrées en invalidité pour le régime général de l’assurance maladie est évalué à 75 000 personnes par an (chiffres 2006), dont 52 000 en deuxième catégorie, alors qu’en 1998, il n’était que de 51 000.

Les affections psychiatriques sont les principales causes médicales de mises en invalidité. Elles constituent 28,1% des mises en invalidité. Plus précisément, les troubles dépressifs réactionnels et névrotiques représentent 12 902 personnes (17,4 %).
Par ailleurs, 26,5% des mises en invalidité ont pour origine une maladie du système ostéoarticulaire.
Les pathologies rachidiennes et discales sont également au premier plan avec 7 540 personnes soit 10,1% de l’effectif.
Enfin, les tumeurs représentent 14,6% de l’effectif.

Toutes catégories confondues, c’est dans la tranche d’âge des 50-59 ans que ces pathologies sont les plus fréquentes (62,2% des nouvelles prises en charge pour l’année 2006). En 2006, 4 milliards d’euros ont été versés par le régime général sous forme de pensions d’invalidité.

A noter qu’une augmentation de la prévalence des pathologies d’hypersollicitation est observée.


Deux facteurs tendent ou tendront à accroître le coût financier pour l’Assurance Maladie et plus largement le coût humain du vieillissement :

• D’une part, l'évolution démographique : le vieillissement de la population s’accentue. Selon l’INSEE, en 1950, un Français sur six avait soixante ans ou plus, un siècle plus tard ce sera un Français sur trois.

• D’autre part, l'augmentation programmée des taux d'activité des classes d'âge élevé


2. Le professeur Guillon a traité des effets des contraintes professionnelles sur l'efficacité, la pénibilité et le vieillissement


Il en ressort que l’activité professionnelle n’est pas constante selon les âges de la vie ni le sexe. Elle dépend de nombreux facteurs qui n’ont pas de lien direct avec les contraintes professionnelles : structure des emplois, formation, qualification, type d’activité, contexte industriel, politique familiale, socialisation des enfants…

Au-delà de la dégradation plus ou moins rapide des structures et fonctions de l’organisme, le vieillissement différentiel se marque par la rupture de la trajectoire professionnelle et la sortie de l’entreprise. Ce phénomène qui, au sein de l’entreprise, masque la réalité du vieillissement différentiel est en même temps son mode d’apparition le plus propre


3. Une étude a été menée par une équipe de médecins du travail sur la gestion des âges dans la restauration.

Le travail avait pour but de faire une analyse comparative des différentes courbes des âges des différents métiers de l’hôtellerie restauration. Il apparaît en effet que la moyenne d’âge des salariés est anormalement basse. Il en ressort que, du fait des conditions difficiles et des horaires de travail atypiques, l’ancienneté augmente avec la qualification. Les moins qualifiés changent souvent d’entreprises tout en restant dans le métier

Que penser de cette diminution rapide de la pyramide des âges?

Le secteur de la restauration traditionnelle présente de multiples pénibilités occasionnant, par leur cumul, de véritables handicaps et pouvant expliquer l'arrêt précoce dans cette activité professionnelle.

a) Les contraintes organisationnelles :

- Travail de nuit, de week end et en horaires coupés.
- Horaires variables d'un jour à l'autre
- Difficultés pour articuler vie socio-familiale et vie professionnelle.
- Organisation des trajets nocturnes (véhicule personnel, conjoint, taxis,…)


b) Les contraintes physiques :

-  Position debout permanente, piétinement
-  Contraintes temporelles fortes (coup de feu)
-  Manutention
- Amplitude des journées de travail suite aux horaires coupés
-  Difficulté de l'apprentissage : jeune âge, importance des manutentions...
- Importance des temps de trajet (allongés par le caractère atypique des horaires)
- Bruit

c) Les contraintes psychologiques

-  Sollicitation cognitive importante : multiples tâches simultanées.
- Absence totale d'autonomie : peu de latitude décisionnelle.
- Variabilité temporelle de la tâche.
- Contact avec clientèle, importance de la présentation, multilinguisme.


En conclusion :

Les contraintes physiques organisationnelles et sociales peuvent expliquer cette désertion chez les jeunes salariés ou chez les salariés qualifiés dont le niveau de compétence leur permet d’être reconnu dans d’autres secteurs et de quitter ces emplois à fortes contraintes.

Les salariés moins qualifiés ne peuvent bénéficier de ces passerelles et restent donc plus tardivement dans ces métiers.


4. L’épuisement psychologique et la démotivation des professionnels de santé, Dr Alexandra TRICHARD, Service de Pathologies Professionnelles et Environnementales, CHRU Lille


A. Le constat

- Problématique de l’insatisfaction au travail des soignants

- Conséquences des Contraintes Psycho Organisationnelles sur la santé

o Pathologie mentale
o Pathologie cardio-vasculaire
o TMS
o Absentéisme
o Accidents du travail

B. L’épuisement professionnel

Le « burn out syndrome » ou « épuisement professionnel » est un concept apparu dans les années 50.

Il s’agit d’une désadaptation psychologique au travail qui concerne surtout les professions de relation d’aide et de responsabilité envers l’autre.

Les études épidémiologiques montrent que 25 à 40% des soignants seraient épuisés.
Le « burn out » présente 4 stades évolutifs : l’enthousiasme, la stagnation, la frustration et l’apathie (démoralisation).

C. L’articulation du « burn out » autour de 3 axes

- L’épuisement émotionnel : demande de soutien psychologique trop importante (sentiment de fatigue)

- La dépersonnalisation (ou déshumanisation) : perte d’empathie, détachement excessif dans les rapports avec autrui pouvant aller jusqu’au cynisme

- Le manque d’accomplissement personnel : dépréciation professionnelle engendrée par la perte d’efficacité thérapeutique et la démotivation.
Santé
D. L’analyse clinique du « burn out »

La personne souffrant du « burn out » présente des symptômes somatiques, psychiques et comportementaux variés :

- Symptômes somatiques non spécifiques: gastro-intestinaux, ORL, troubles du sommeil…

- Signes comportementaux inhabituels : irritabilité, sensibilité, labilité émotionnelle…

- Attitudes défensives décrites : rigidité, résistance excessive au changement, attitudes pessimistes, pseudo activisme…

E. Les facteurs de risque individuels du « burn out »

- Personnalité (différentes théories), motivation (place de la vocation)

- Événements de vie, problème de santé

- Déséquilibre effort/ récompense

- Corrélation avec la représentation du travail (soignant « idéal »/ ce que la société, les patients attendent de lui)

F. Quoi faire ?

- Désigner le « burn out » : être entendu, reconnu

- Accompagnement individuel

o Inaptitude temporaire, adaptation du poste
o Suivi psychologique, soutien

- Prévention collective

o Désigner les organisations à risques, les identifier, proposer des solutions…


5. Suivi de santé des salariés sous l'angle du vieillissement, Dr Jean-Pierre MEYER, Département Homme au Travail, Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, Centre de Lorraine


Le « mental » résiste mieux : les prix Nobel ont 70 ans et les champions olympiques 20 ans …

Pourquoi est-on absent après 50 ans ?

- demande physique > capacités

- "harcèlement" de collègue ou supérieurs

- difficultés financières

- obésité (bmi>30)

- demande mentale > capacités

Beaucoup peuvent travailler mais pas tous et pas partout : changements sont importants entre 55 et 65 ans.

Le suivi médical n'est pas spécifique aux âges :

- C'est de parcours professionnel qu'il faut parler (travail et santé)

- Le suivi médical doit le quantifier, détecter les aléas et les troubles

- Le suivi médical va permettre de prévoir et préparer l'évolution par individus, par groupes professionnels

Parcours professionnel et indicateurs :

- Individuels : santé, perceptions du travail, arrêt de travail, troubles, pathologies

- Collectifs : entreprise, changements de production, turn-over, solidarités entre générations

- Régionaux : enquêtes


Toutes les personnes intéressées par ce colloque peuvent consulter et télécharger les présentations gratuitement en se rendant à l'adresse suivante: www.campusvirtuel.smbh.univ-paris13.fr.

Une fois sur le site, en bas de la page, cliquer sur l'onglet 'Divers' puis 'Colloques, Conventions et Débats' : vous aurez accès aux interventions du Colloque sur le vieillissement.





 


par : Tiphaine Garat




 

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