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Les conséquences concrètes de la crise sanitaire sur les conditions de travail et les risques psychosociaux (Dares)

> article du 01-06-2021

 

La crise sanitaire a conduit à une diversité des situations de travail : si pour certains les conditions de travail ont peu changé par rapport à l’avant-crise, pour d’autres le travail s’est fortement intensifié, voire dégradé. Des conditions de travail dégradées sont associées à une contamination accrue et à une dégradation générale de l'état de santé des travailleurs. Tels sont les principaux résultats de l’enquête Tracov[1] relative aux conséquences de la crise sanitaire sur les conditions de travail et les risques psychosociaux des actifs occupés, publiés par la Dares le 28 mai 2021.

  • Une forte diversité des situations de travail pendant la crise sanitaire

L’enquête note une forte diversité des visions sur l’impact de la crise sanitaire sur le travail. Afin de les distinguer, une typologie est construite permettant de classer les actifs en quatre groupes selon leurs conditions de travail et l’impact de la crise sanitaire :

Une relative stabilité des conditions de travail pour la moitié des sondés

54% des sondés déclarent que la crise sanitaire a eu peu d’impact sur leurs conditions de travail. Il s’agit davantage des hommes, des ouvriers et des employés, des personnes de plus de 45 ans. Ces actifs travaillent surtout dans l’agriculture, l’industrie ou la construction.

Ce groupe connait une adaptation réussie de l'organisation du travail, avec une plus grande présence sur site que d'autres travailleurs mais aussi avec une coopération et un soutien plus importants au sein du collectif de travail. Les gestes barrières ont moins souvent représenté une gêne pour travailler. Additionnement, la plupart des travailleurs de ce groupe n’avaient pas d'objectifs chiffrés à atteindre ou avaient des objectifs adaptés. En revanche, l’enquête souligne le sentiment d’insécurité de l’emploi accru qu’éprouvent ces travailleurs.

Une intensification du travail pour un tiers des actifs

32 % des sondés déclarent que la crise sanitaire a engendré une intensification de leur travail. Sont surreprésentés dans cette population les femmes, les cadres et les professions intermédiaires, qui travaillent dans la santé, l’enseignement et le commerce de détail et généralement dans des établissements dont l'activité a fortement augmenté. Ce groupe est caractérisé par des conditions de travail en partie dégradées du fait des horaires plus longs, plus atypiques et d’un travail plus intense ainsi que d’une hausse de l'exigence émotionnelle.

Pour tenter de faire face à cette surcharge de travail, une réorganisation des collectifs de travail a été entreprise. Ainsi, les travailleurs de ce groupe déclarent une plus grande autonomie, que ce soit en présentiel ou en télétravail et font état de respect témoigné par leurs chefs et leurs collègues pour le travail réalisé. De plus, pour un quart de cette population, la crise sanitaire a renforcé le sens de leur travail, conforme au caractère « essentiel » attribué à leurs activités.

Des conditions de travail fortement dégradées pour un travailleur sur dix

Pour 11 % des actifs sondés, la crise sanitaire a généré une nette dégradation des conditions de travail et une augmentation des risques psychosociaux considérable. Ce sont plutôt des femmes, des télétravailleurs et des cadres et professions intermédiaires, qui travaillent surtout dans l’enseignement et dans certains secteurs des services comme la banque et les assurances.

Dans ce groupe, les actifs signalent une hausse de la charge de travail, des horaires atypiques, un certain isolement du reste du collectif de travail, une perte du sentiment d'utilité sociale des tâches effectuées, des problèmes de coopération au sein du collectif et des difficultés à maîtriser les outils numériques de travail à distance.

Une relative amélioration des conditions de travail pour une minorité des actifs

4% des actifs sondés bénéficient d’une certaine accalmie durant la crise sanitaire. Ce sont plutôt des jeunes (moins de 34 ans) et des hommes, ainsi que des ouvriers et des employés, qui travaillent surtout dans l’hébergement et la restauration ou qui occupent des activités culturelles.

Pour ce groupe, cette relative amélioration des conditions de travail surgit de la diminution de la demande émotionnelle, de la diminution importante de la charge de travail à la fois en termes de durée et d’intensité, d’un renforcement de la coopération et du soutien social ainsi que d’une amélioration du sentiment d’utilité de leur travail.

Malgré ces constats, l’étude souligne que cette catégorie demeure exposée aux risques psychosociaux, avec une hausse des horaires atypiques et une insécurité socio-économique en progression.

  • Une dégradation des conditions de travail associée à une contamination accrue et à une dégradation générale de l'état de santé des travailleurs

D’après l’enquête, en moyenne, 18 % des actifs occupés ont été contaminés par la Covid-19 : cette proportion est d’autant plus forte que les conditions de travail se sont dégradées avec la crise, de 14 % pour les actifs ayant connu peu d’impact sur leurs conditions de travail, jusqu’à 27% pour ceux ayant connu une dégradation.

Début 2021, l’état de santé psychique des travailleurs s’est fortement dégradé, avec un doublement du risque dépressif par rapport à 2019 et une forte détérioration de la santé perçue (30 % à déclarer un état de santé altéré en janvier 2021, contre 25 % en 2019).

La crise sanitaire semble avoir impacté un peu plus les télétravailleurs que les autres actifs. Parmi ces télétravailleurs, 48 % ont connu peu de changements dans leurs conditions de travail, 33 % ont connu une nette intensification de leur travail (contre 32 % des autres salariés), 14 % une dégradation d’ensemble (contre 9 %), et 4 % une amélioration relative (comme les autres actifs). Les télétravailleurs par ailleurs souffrent beaucoup plus de troubles de sommeil et de douleurs que les non-télétravailleurs, et cela d’autant plus que le recours au télétravail est intense.

Vous trouverez ci-après, l’intégralité de Dares Analyses no 28, « Quelles conséquences de la crise sanitaire sur les conditions de travail et les risques psycho-sociaux ? », 28 mai 2021.

 



[1] L’enquête s’attache à mesurer concrètement les évolutions des conditions de travail perçues par les travailleurs par rapport à la période précédant l’apparition de l’épidémie. La présente étude a été réalisée au premier trimestre 2021 auprès de 17 216 individus en emploi et exclue les actifs occupés en activité partielle totale ou en fermeture administrative, qui feront l’objet d’une étude spécifique ultérieure.

 


par : Evdokia Maria Liakopoulou




 
 
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