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La pandémie creuse les inégalités entre les femmes et les hommes au travail

> article du 09-03-2021

 

Réalisée par Boston Consulting Group (BCG) en coopération avec l’Institut Ipsos, l’étude intitulée « Crise de la COVID-19 : un retour en arrière pour la parité hommes-femmes au travail ? »[1] examine l’impact de la pandémie sur les salariés français et leurs perspectives de carrières.

Elle repose sur une enquête réalisée auprès de 2 000 salariés français du secteur privé et public, avec une parité parfaite entre femmes et hommes, et se construit autour de plusieurs questions clés, à savoir : les conséquences de cette crise sur les conditions de travail, les motivations professionnelles et l’engagement des salariés, l’accentuation des inégalités hommes-femmes au travail ainsi que les actions que doivent mener les entreprises pour limiter les effets négatifs de cette nouvelle réalité professionnelle.

Il en ressort que, si la crise sanitaire a impacté les trajectoires professionnelles de tous les salariés français « en affectant leur performance et en menaçant l'équilibre entre vie professionnelle et personnelle », ses effets semblent plus durement toucher le travail des françaises « en aggravant une situation déjà déséquilibrée ».

  • Crise sanitaire et inquiétude des femmes sur leurs perspectives professionnelles

L’étude révèle que seules 60% des femmes dans le secteur privé ont confiance en leur avenir professionnel, soit 15% de moins que les hommes. Pour les rédacteurs, cela est dû, en partie, au fait que les femmes sont 13% de moins à avoir entretenu leur réseau professionnel depuis le début de la crise, par rapport à leurs homologues masculins. Par ailleurs, selon l’enquête, les femmes se sentent davantage isolées de leurs collègues.

  • Télétravail et accentuation des inégalités entre les hommes et les femmes

La généralisation du télétravail semble constituer le principal élément qui pénalise plus les femmes. En effet, celles dernières sont 1,3 fois moins nombreuses à disposer d'un espace isolé et rencontrent 1,5 fois plus de risques d'être fréquemment interrompues en télétravail. En cela, vient s’ajouter une augmentation des tâches domestiques. A la maison, les hommes en font certes plus depuis la crise, « ce qui laisse espérer une transition vers un nouvel équilibre à plus long terme », notent les rédacteurs. Toutefois, même si l’augmentation des tâches domestiques et le temps consacré aux enfants concernent tous les parents salariés, les femmes continuent de culpabiliser davantage que les hommes : elles sont 1,4 fois plus nombreuses qu'eux à estimer qu'elles ne sont pas assez disponibles pour leurs enfants.

  • Difficile conciliation vie privée/vie professionnelle et aggravation de la santé mentale des femmes  

La difficulté de concilier la vie privée et la vie familiale aggrave considérablement le mal-être des femmes : celles-ci sont 1,3 fois plus susceptibles d'être en situation d'anxiété. Ce qui risque d'entraver leur « retour à la normale » post-crise : les femmes ayant réduit leurs horaires sont 1,5 fois plus nombreuses que les hommes à appréhender un retour aux horaires avant crise, et 1,3 fois plus nombreuses à ne pas l'envisager du tout.

  • Recommandations pour les entreprises : accompagnement des salariés, suivi et prévention des risques

Dans ce contexte, si l’on compare à la situation pré-crise, près de 50% des managers ont fait en sorte d’échanger davantage avec leurs équipes. Toutefois, 56% des salariés affirment qu’aucune mesure ni programme d’accompagnement n’ont été mis en place pendant la crise, notamment sur le plan psychologique.

Cela étant, les rédacteurs appellent à une prise de conscience forte aussi bien au niveau des entreprises qu’au niveau sociétal pour prévenir les risques psychosociaux et décrochages professionnels, tout particulièrement des femmes. Ils préconisent ainsi la mise en place des mesures d'accompagnement individuelles et collectives, par exemple un soutien psychologique, des horaires flexibles, des dispositifs d'accompagnement des parents, etc. Une attention particulière doit être accordée, selon eux, au télétravail et à la mise en place d'actions spécifiques pour affronter les risques encourus par les femmes.

Vous trouverez, ci-après, l’intégralité de l’étude BCG x IPSOS, Crise de la COVID 19 : Un retour en arrière pour la parité hommes femmes au travail ?, 19 février 2021.

 



[1] Etude BCG x IPSOS, Crise de la COVID 19 : Un retour en arrière pour la parité hommes femmes au travail ?, 19 février 2021.


par : Evdokia Maria Liakopoulou




 
 
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