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Les métiers du nettoyage : quels types d’emploi, quelles conditions de travail ? DARES Analyses n°2019-043

> article du 22-10-2019

 

Le 18 septembre 2019, la DARES (Direction des Analyses de la Recherches et des Etudes Statistiques) a publié une étude relative aux types d’emploi et conditions de travail des métiers du nettoyage.

La DARES a choisi de réaliser cette étude sur les métiers du nettoyage dans la mesure où elle a pu constater qu’« en 2016, 8 % de l’ensemble des salariés de France métropolitaine exercent à titre principal un métier non qualifié du nettoyage ».

De surcroît la DARES part du constat selon lequel « le dernier exercice de la prospective des métiers et des qualifications identifie le métier d’agent d’entretien comme le plus important pourvoyeur de postes d’ici à 2022 ».

Aussi, forte de ces données, la DARES soulève l’intérêt des problématiques suivantes :

·         « Quelles personnes occupent les métiers du nettoyage ?

·        Quelles sont les conditions d’emploi et de travail spécifiques à ces métiers ?

·        Ces caractéristiques ont-elles connu des évolutions significatives au cours des dix dernières années ?

·        Au sein des métiers du nettoyage, l’ensemble des professions partagent-elles le même rapport au travail et à l’emploi ? »

 Afin de répondre à ces problématiques, la DARES était les éléments quantitatifs et qualitatifs suivants :

Des métiers de repli

·        Seulement 17 % des salariés du nettoyage déclarent qu’ils seraient heureux que leurs enfants s’engagent dans la même activité professionnelle qu’eux : c’est deux fois moins que l’ensemble des salariés.

·        Les salariés du nettoyage qui le déclarent travaillent davantage dans le secteur public, sont plus souvent des hommes, des agents de service, et notamment des agents de service hospitaliers du public.

·        Les emplois du nettoyage semblent rarement choisis par ceux qui les occupent, mais apparaissent plutôt comme une solution de repli qui intervient souvent après un épisode de non-emploi.

Des emplois très féminisés

·        Les femmes occupent huit emplois du nettoyage sur dix.

·        Les aides à domicile et les employés de maison sont même quasi exclusivement des femmes.

·        Seuls les ouvriers non qualifiés de l’assainissement et du traitement des déchets font exception à ces métiers très féminisés : plus de neuf sur dix sont des hommes

·        Les personnes qui exercent un métier du nettoyage sont aussi plus âgées que les salariés non qualifiés : près de la moitié ont 50 ans ou plus, contre seulement un quart des non-qualifiés hors nettoyage

·        Les salariés du nettoyage ont 46 ans en moyenne, contre 39 ans chez les non-qualifiés hors nettoyage. Les concierges et les employés de maison sont les plus âgés

·        A l’opposé, les employés d’étage dans l’hôtellerie, les agents de services hospitaliers et les ouvriers non qualifiés de l’assainissement et du traitement des déchets sont plus jeunes : parmi ces derniers, un salarié sur cinq a moins de 30 ans, contre un sur dix pour l’ensemble des salariés du nettoyage

·        61 % des salariés immigrés occupant un poste non qualifié du nettoyage ont au plus le Brevet, contre seulement 44 % de l’ensemble des salariés du nettoyage

·        Pour la plupart d’entre eux, sans diplôme ni qualification, le secteur du nettoyage s’impose par défaut, s’inscrivant dans le prolongement de leur activité exercée au sein de la sphère domestique

·        Mais une petite partie apparait déclassée au regard de son niveau d’éducation : parmi les salariés diplômés d’un niveau supérieur à bac + 2, les immigrés ont sept fois plus de chances d’occuper un métier du nettoyage que les non-immigrés.

Neuf salariés du nettoyage sur dix exposés aux risques physiques

·        Les métiers du nettoyage sont très exposés aux risques physiques : 71 % des salariés du nettoyage sont exposés au travail répétitif, 61 % au risque chimique et 52 % aux postures pénibles.

·        Au total, neuf salariés du nettoyage sur dix, comme pour l’ensemble des non-qualifiés, sont exposés à au moins un risque physique.

·        En revanche, sans surprise, les salariés du nettoyage sont davantage confrontés aux mauvaises odeurs, à la saleté et aux risques infectieux que les non-qualifiés

Un sentiment d’ignorance mais une certaine autonomie

·        Le manque de reconnaissance est aussi caractéristique des métiers du nettoyage, en particulier lorsqu’ils exercent en entreprise. La tâche des agents de la propreté peut être dévalorisée, considérée comme secondaire par les autres salariés.

·        Cela peut s’exprimer par un sentiment d’invisibilité : 29 % des salariés du nettoyage en entreprise se sentent ignorés au cours de leur activité professionnelle, soit deux fois plus que l’ensemble des personnes qui ont un emploi non qualifié

·        Les salariés du nettoyage bénéficient toutefois d’une relative autonomie comparativement aux autres salariés non qualifiés : 72 % des salariés du nettoyage déclarent toujours ou souvent travailler seuls, contre 59 % des non-qualifiés et 55 % de l’ensemble des salariés.

Une certaine satisfaction dans les métiers d’« aide »

·        42 % des salariés du nettoyage expriment la satisfaction d’accomplir des tâches qui leur plaisent surtout parmi les aides à domicile.

·        Par ailleurs, les salariés du nettoyage éprouvent plus souvent la fierté du travail bien fait et expriment le sentiment de l’utilité de leur travail. Là encore, les aides à domicile, mais aussi les agents de service hospitaliers, le ressentent davantage.

·        La dimension d’« aide » attachée à ces métiers ainsi que la relation de confiance instaurée avec l’usager pourraient expliquer une plus grande satisfaction de leur travail

Plus de la moitié des postes principaux occupés à temps partiel

·        Les employés de maison, les aides à domicile et les nettoyeurs sont les plus concernés par le temps partiel.

·        Les salariés du nettoyage occupent davantage des emplois à temps partiels réduits (moins de 15 heures) que l’ensemble des salariés non qualifiés.

·        Les salariés du nettoyage sont plus fréquemment en situation de temps partiel subi que les salariés non qualifiés, au sens où ils souhaiteraient travailler davantage et seraient disponibles pour le faire

Un morcellement du temps de travail

·        Les salariés du nettoyage ont plus souvent un temps de travail morcelé que les non-qualifiés

·        Ce morcellement du temps de travail s’est accentué au cours de la période récente, quelle que soit la quotité travaillée

 

Les employés d’étage et les concierges travaillent davantage le week-end

·        Les agents de service hospitaliers et les ouvriers non qualifiés de l’assainissement et du traitement des déchets sont environ 1,8 fois plus nombreux à travailler le soir et/ou la nuit que l’ensemble des salariés du nettoyage.

·        Les employés d’étage et les concierges travaillent 1,6 fois plus souvent le samedi et/ou le dimanche

·        14 % des salariés du nettoyage cumulent au moins deux emplois, soit 4 points de plus que l’ensemble des salariés non qualifiés. Dans sept cas sur dix, ils exercent la même profession mais pour plusieurs employeurs.

 Peu de perspectives d’évolution professionnelle

La fragmentation des temps de travail dans les métiers du nettoyage s’accompagne de faibles perspectives d’avenir : la part des emplois les plus stables diminue, l’accès à des formations qualifiantes est peu répandu.

 

Vous trouverez ci-après l’étude dans son intégralité.


par : Khalida BENZIDOUN




 
 
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