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Comment ont évolué les expositions des salariés du secteur privé aux risques professionnels sur les 20 dernières années ? DARES Analyses n°41

> article du 10-10-2019

 

Le 9 septembre 2019, la DARES un publié une étude répertoriée 2019-041 relative à l’évaluation des risques professionnels dans le secteur privé.

Il s’agit plus précisément des premiers résultats de l’enquête SUMER 2017 (enquête surveillance médicale des expositions des salariés aux risques professionnels).

Cette enquête menée par 1200 médecins du travail sur la base d’un questionnaire relatif aux expositions professionnelles fournit des données quantitatives et qualitatives sur l’évolution desdites expositions des salariés du secteur privé (soit 26 500 équivalent temps plein) de 2007 à 2017.

Sarah MEMMI, Élodie ROSANKIS, Nicolas SANDRET Pascal DUPRAT, Martine LÉONARD, Sigolène MORAND, Véronique TASSY (IMT, DR Pays de la Loire), auteurs de cette étude, soulèvent les problématiques suivantes :

-      Quelles sont les évolutions des expositions aux contraintes physiques, aux agents chimiques et biologiques ces dernières années ?

-      Est-ce que les contraintes organisationnelles continuent de s’intensifier ?

-      Quelle perception les salariés ont-ils de leur travail en 2017 par rapport aux années précédentes ?

-      Comment ont évolué les pratiques formalisées de prévention ?

Afin de répondre à ces différentes problématiques, cette étude met en exergue les éléments principaux suivants :

1/ Contraintes physiques : des évolutions contrastées

-      Plus d’1/3 des salariés sont exposés à la manutention manuelle de charge, et 5 % le sont pendant 20 heures ou plus par semaine, soit une nette diminution au fur et à mesure des années

- L’exposition diminue continuellement pour toutes les catégories socioprofessionnelles et dans la majorité des secteurs, sauf dans l’agriculture

-      Les évolutions techniques, avec des aides mécanisées de plus en plus adaptées aux tâches à réaliser, contribuent largement à cette diminution qui s’observe également pour les durées d’exposition de 2 heures ou plus.

-      La station debout ou le piétinement prolongé, 20 heures ou plus par semaine, suit la même évolution, avec une baisse continue. Cependant, les expositions longues ont donc reculé au profit de durées plus courtes, conséquence probable d’une pratique plus fréquente de l’alternance des postes.

-      Les expositions aux vibrations des membres supérieurs (liées à l’utilisation de certains outils comme les tronçonneuses, marteaux-piqueurs, clés à choc…) sont en faible hausse. Cette exposition se retrouve surtout dans la construction

-      Les expositions à des nuisances sonores, ponctuelles ou régulières, concernent plus d’1/3 des salariés 2017. La part des salariés concernés est en hausse dans tous les secteurs. Les ouvriers qualifiés sont les plus exposés.

 2/ Le travail répétitif en net recul entre 2010 et 2017

-      16 % des salariés sont exposés à la répétition d’un même geste ou d’une série de gestes à cadence élevée.

-      Après une période d’augmentation des cadences imposées, la récente diminution du travail répétitif peut être rattachée aux évolutions technologiques, dont l’automatisation. Elle s’explique aussi par des évolutions organisationnelles, dont la rotation des salariés sur différents postes, ainsi que par un contexte réglementaire prenant en compte ce facteur de risque professionnel

-      Le nombre de salariés effectuant un travail répétitif d’une durée longue (10 heures ou plus par semaine) diminue également

 3/ Une exposition aux agents chimiques en baisse dans l’agriculture et l’industrie, en hausse dans les services

-      1/3 des salariés du secteur privé est exposé à au moins un produit chimique, soit une nette diminution au fur et à mesure des années.

-      Cette évolution se retrouve quels que soient les secteurs d’activité, les catégories socioprofessionnelles, les distinctions de durées (10 heures ou plus) et les familles de produits (solvants, cancérogènes).

-      Les ouvriers qualifiés et les ouvriers non qualifiés restent les plus exposés à au moins un produit chimique

-   Parmi les produits chimiques les plus fréquemment cités, on retrouve les carburants, les émissions de moteur diesel et d’autres moteurs, les huiles synthétiques, le ciment, les fumées de soudage et plusieurs solvants.

-    46 % des employés de commerce et de services sont exposés, soit une nette hausse, qui concerne notamment les produits chimiques utilisés pour le nettoyage et la désinfection.

-      La multi-exposition, à savoir l’exposition à au moins 3 produits chimiques, concerne 15 % des salariés

 4/ Un salarié sur 10 exposé à au moins un produit cancérogène

Les expositions à au moins un produit chimique cancérogène restent stables : les salariés les plus exposés sont toujours ceux de la construction (31 %) et les ouvriers qualifiés.

 5/ Une meilleure évaluation du risque biologique

-      19 % des salariés sont exposés à au moins un risque biologique, soit une nette augmentation.

-      Parmi les salariés exposés lors d’un contact humain, la part de salariés exposés se réduit légèrement pour ceux travaillant en milieu de soins depuis 2010. Les tâches les plus fréquemment exposantes sont les soins d’hygiène, nursing et assistance à la personne.

6/ Des contraintes horaires stabilisées

-      Les durées longues de travail (40 heures ou plus) concernent 18 % de salariés, soit une stabilisation au fur et à mesure des années.

-   Seule l’exposition des cadres et des professions intellectuelles supérieures a diminué

-      23% des salariés qui déclarent des horaires variables d’un jour sur l’autre, et les ouvriers non qualifiés subissent une hausse de ce type d’horaires de travail.

-      5 % des salariés disent ne pas connaitre leur horaire de travail le lendemain et 9 % ceux de la semaine suivante

 7/ Une intensité du travail demeurant élevée

-     Plus d’1/2 des salariés ont un rythme de travail imposé par une demande extérieure obligeant à une réponse immédiate

-      1/4 des salariés qui déclarent que le rythme de leur travail dépend immédiatement du travail d’un collègue.

-     Le contrôle ou le suivi exercé via des systèmes informatiques est la seule contrainte de rythme à avoir augmenté de façon constante. Ce mouvement reflète la diminution de la hiérarchie intermédiaire et la diffusion des outils numériques, y compris dans les ateliers

-      La proportion de salariés déclarant devoir fréquemment interrompre une tâche pour en effectuer une autre non prévue a augmenté ce qui est très coûteux en termes de charge mentale.

-    Les marges de manœuvre tendent à diminuer réduisant ainsi l’autonomie des salariés. Les catégories socioprofessionnelles les plus exposées connaissent la plus forte hausse : employés administratifs, ouvriers non qualifiés et qualifiés.

8 et 9 / L’autonomie en recul, Les salariés déclarent moins souvent manquer de moyens pour faire correctement leur travail

-      15 % des salariés déclarent manquer de moyens matériels pour faire correctement leur travail.  

-   Un recul des proportions de salariés déclarant manquer de collègues ou de collaborateurs, d’une formation adaptée ou d’informations claires et suffisantes pour effectuer correctement leur travail.

10/ Une stabilisation des tensions et des agressions avec le public

-      La proportion de salariés qui indiquent vivre en permanence ou régulièrement des situations de tension avec le public est stable

-    Parmi les salariés en contact avec le public, 15 % ont déclaré au moins une agression verbale de la part du public ces 12 derniers mois, une proportion relativement stable

11/ Des risques psychosociaux importants mais une forte satisfaction au travail

-      15 % des salariés déclarent subir des comportements hostiles actuellement sur leur lieu de travail : la baisse concerne aussi bien les « comportements méprisants », le « déni de reconnaissance du travail » et les « atteintes dégradantes. L’ensemble des salariés est concerné par cette baisse, quels que soient la catégorie socioprofessionnelle et le secteur d’activité.

-      Concernant la « tension au travail » ou job strain elle se stabilise à un niveau élevé.

-      En 2017, 18 % des salariés se classent d’après leurs déclarations en situation dite d’iso-strain (salariés en job strain qui présentent aussi un faible soutien social).

-     Le sentiment de manquer de reconnaissance au travail est en baisse, mais ce résultat est contrasté selon la catégorie socioprofessionnelle. La catégorie socioprofessionnelle des employés administratifs demeure la plus impactée, tandis que le manque de reconnaissance recule pour les ouvriers non qualifiés, qui deviennent ainsi la catégorie socioprofessionnelle la moins exposée.

12/ Près d’un salarié sur deux couvert par des pratiques formalisées de prévention des risques professionnels

-   Près d’un salarié sur deux couvert par un CHSCT ou assimilé au niveau de l’établissement

-      Près de 60 % des salariés disposent dans leur établissement d’un document unique d’évaluation des risques

-    38 % des établissements ont recouru en 2017 à des intervenants extérieurs en matière de prévention des risques professionnels (IPRP ou autres consultants),

 

Vous trouverez ci-après l’étude dans son intégralité.


par : Khalida BENZIDOUN




 
 
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